
samedi 28 novembre 2009
12. Les différentes sortes de péchés
La distinction la plus classique est la division en péchés mortels et péchés véniels. « Déjà dans l’Ancien Testament il était dit, à propos de nombreux péchés — ceux qui étaient commis délibérément (cf. Nombres 15, 30), les diverses formes de luxure (cf. Lévitique 18, 26-30), d’idolâtrie (cf. Lévitique 19, 4), de culte des faux dieux (cf. Lévitique 20, 1-17) — que le coupable devait être « éliminé de son peuple », ce qui pouvait aussi signifier condamné à mort (cf. Exode 21, 17). En revanche, d’autres péchés, surtout ceux commis par ignorance, pouvaient être pardonnés grâce à un sacrifice (cf. Lévitique 4, 2 suivants ; 5, 1 suivants ; Nombres 15, 22-29). C’est aussi en se référant à ces textes que l’Église parle constamment, depuis des siècles, de péché mortel et de péché véniel. […] Saint Jean parle d’un péché qui conduit à la mort et l’oppose à un péché qui ne conduit pas à la mort (cf. 1 Jean 5, 16-17). Il est évident que le concept de mort est ici spirituel : il s’agit de perdre la vie véritable ou « vie éternelle » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Réconciliation et pénitence, n° 17). Dans ce contexte, saint Jean se réfère à l’apostasie et à l’idolâtrie. Saint Matthieu, pour sa part, parle d’un « blasphème contre l’Esprit Saint » qui « ne sera pas remis » (Matthieu 12, 31-32). Quand , « par le péché, l’âme provoque un désordre qui va jusqu’à la séparation d’avec la fin ultime — Dieu — à laquelle elle est liée par la charité, il y a alors péché mortel ; au contraire, toutes les fois que le désordre reste en-deçà de la séparation d’avec Dieu, le péché est véniel » (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique I-II, q. 72 a. 5). C’est le seul mal véritable, car tous les autres maux en découlent. À quelles conditions un péché est-il mortel ? « Est péché mortel tout péché qui a pour objet une matière grave et qui, de plus, est commis en pleine conscience et de consentement délibéré » (Jean-Paul II, exhortation citée, n° 17). Trois éléments sont donc requis et ce, concurremment. D’abord une matière grave (par exemple tuer quelqu’un), ce qui veut dire que l’objet moral de l’action qui se réalise est gravement contraire à la Loi de Dieu. Ensuite, une connaissance plénière (ou advertance plénière de l’entendement) : cela signifie que l’on sait que l’action réalisée est peccamineuse, autrement dit qu’elle est contraire à la Loi de Dieu. Consentement délibéré (ou parfait) de la volonté enfin, par lequel l’individu veut ouvertement cette action qu’il sait contraire à la Loi de Dieu. Si une de ces trois conditions fait défaut, le péché peut être véniel (par exemple, lorsque la matière n’est pas grave, bien qu’il y ait advertance plénière ou consentement parfait). Naturellement lorsque l’advertance ou le consentement manque absolument, il n’y a ni péché mortel, ni péché véniel.
(à suivre…)