
samedi 28 novembre 2009
17. Les différentes formes de célébration du sacrement
Avant de parler de la manière de recevoir le sacrement de pénitence, il faut rappeler quelques convictions fondamentales de l’Église, notamment que ce sacrement « est la voie ordinaire pour obtenir le pardon et la rémission des péchés graves commis après le baptême » ; ensuite « qu’il est une sorte d’action judiciaire [qui] se déroule auprès du tribunal de miséricorde », avec un caractère thérapeutique et médicinal ; puis les réalités indispensables à la validité du sacrement, qui ont été énumérées ci-dessus (contrition, aveu, satisfaction) (cf. Jean-Paul II, exhortation apostolique Réconciliation et pénitence, n° 31). « La confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession » (Ordo pœnitentiæ, cité par le Catéchisme de l’Église catholique, n° 1484). Il est dit « individuelle », car, comme le péché est personnel, il importe que le soit aussi l’administration du sacrement dans lequel il est pardonné. On ajoute : « auriculaire », car la confession sacramentelle est un jugement, et le prêtre — en tant que juge — doit connaître les péchés pour pouvoir les absoudre. Enfin, elle est « secrète », étant donné qu’il est hautement opportun que le fidèle puisse accuser ses péchés sans encourir le danger de diffamation ou de scandale. « La confession personnelle est donc la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l’Église » (Ibid.). Le Rituel de la pénitence a prévu trois rites différents (cf. Jean-Paul II, exhortation apostolique Réconciliation et pénitence, n° 32). La première forme est celle qui vient d’être mentionnée comme étant « le seul mode ordinaire » : la réconciliation individuelle des pénitents, « On ne peut ni ne doit la laisser tomber en désuétude ou la négliger. Le dialogue entre le pénitent et le confesseur, l’ensemble des éléments utilisés (les textes bibliques, le choix des formes de la « satisfaction », etc.) permettent à la célébration sacramentelle de mieux répondre à la situation concrète du pénitent. […] Grâce à son caractère individuel, [elle] permet d’associer le sacrement de pénitence à […] la direction spirituelle ». L’Église « défend le droit particulier de l’âme humaine. C’est le droit à une rencontre plus personnelle de l’homme avec le Christ crucifié qui pardonne, avec le Christ qui dit par l’intermédiaire du ministre du sacrement de la réconciliation : « Tes péchés te sont remis » (Marc 2, 5) ; « Va, et ne pèche plus désormais » (Jean 8, 11). Il est évident qu’il s’agit en même temps du droit du Christ lui-même à l’égard de chaque homme qu’il a racheté. C’est le droit de rencontrer chacun de nous à ce moment capital de la vie de l’âme qu’est le moment de la conversion et du pardon » Jean-Paul II, encyclique Le Rédempteur de l’homme, n° 20). La deuxième forme est la « réconciliation de plusieurs pénitents avec confession et absolution individuelles ». Elle se ramène à la première tout en soulignant « davantage les aspects communautaires du sacrement. […] Elle met en relief quelques aspects de grande importance : la Parole de Dieu, écoutée en commun, a un autre effet que la lecture faite individuellement, et elle souligne mieux le caractère ecclésial de la conversion et de la réconciliation ». Ces liturgies pénitentielles, qui ont une place très importante dans la pratique pénitentielle de l’Église, doivent mener à « recevoir le sacrement de la pénitence dans la confession personnelle » (Jean-Paul II, homélie, 17 novembre 1980).
(à suivre…)