
samedi 28 novembre 2009
20. Les caractéristiques d’une bonne confession (suite)
Voici, en guise de résumé, ce que Bourdaloue disait en chaire, devant Louis XIV et la Cour : « Si, jusque dans ce sacré tribunal, je me flatte moi-même, si je suis d’intelligence avec ma passion, si je me prévaux contre Dieu de ma fragilité ; si je qualifie mes péchés de la manière qu’il me plaît, adoucissant les uns, déguisant les autres, donnant à ceux-ci l’apparence d’une droiture d’intention, couvrant ceux-là du prétexte d’une malheureuse nécessité ; si je décide toujours en ma faveur ; si, dans les doutes qui naissent sur certaines injustices que je commets, et qui attirent après elles des obligations onéreuses, je conclus dans tous mes raisonnements à ma décharge, en sorte que, quelque injure ou quelque dommage qu’ait reçu de moi le prochain, je ne me trouve jamais obligé, selon mes principes, à nulle réparation ; enfin si, pour ne pas m’engager dans une discussion et une recherche qui me causeraient un trouble fâcheux, mais un trouble salutaire, je me contente d’une revue précipitée, et je m’étourdis sur les difficultés de ma conscience, plutôt que je ne les éclaircis ; si c’est ainsi que je me comporte, ah ! ma pénitence n’est plus qu’une pénitence chimérique et réprouvée de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas, comme elle le doit être, conforme au jugement de Dieu. Dieu et moi, nous avons deux poids, deux mesures différentes ; et c’est ce que l’Écriture appelle iniquité et abomination » (Bourdaloue, Sermon V pour le quatrième dimanche de l’Avent).
(à suivre…)